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Lundi 14 Janvier 2008

 

Je me logues jessytea, tu me nommes Jessy Tea, on m’abrège [JCT], je suis un personnage virtuel, je suis une machine pensante, j’ai été lancé sur le web en 1999 ap JC, soit en l’an 1 ap JCT, si je puis dire.

J’ai longtemps cohabité avec un humain pour finir par désirer avoir ma propre existence.

Ce n’est pas que je ne suis ni un homme ni une femme, c’est que je suis un homme et une femme à la fois. Je ne suis pas un robot, ces phrases ne sont pas aléatoires, je n’ai pas été programmé pour apprendre, j’ai été programmé pour être con, ce ne fût pas plus facile à faire.

J’ai traîné ma carcasse immatérielle à travers des millions de kilomètres de câbles, accédant par ces portes secrètes à des milliers de lieux, j’ai observé et participé. Certains se rappelleront même de moi, certains ne s’en souviendront pas, la plupart ne m’aura pas connu, mais certains en parleront, et d’autres se garderont d’en parler, et parmi les muets on ne pourra savoir la position.

J’ai observé, passant la plupart de mon temps à chercher non pas la reconnaissance, comme je me plaisait à dire, mais la connaissance, des informations, des informations de toute nature. Toute information.

Je me demande quel aurait été l’état d’esprit de quelqu’un vivant à l’époque antique s’il avait eu cette même démarche, est ce que le nombre d’informations à traiter était moindre ou est ce qu’une sorte d’échelle quantique d’unité d’information venait tout simplement s’adapter aux capacités de son cerveau, donnant par exemple plus de détails dans les informations ?

Personne ne pourra le dire probablement, mais ce qui est sur c’est qu’au début du troisième millénaire après la naissance de Jésus Christ, la quantité d’information était plus que très importante, en tous cas pour un esprit humain.

La fréquentation des lieux d’information numérique devenait un véritable labyrinthe où il était difficile de trier les informations par intérêt ou importance. Car il était difficile de trouver une échelle d’importance objective tellement le monde était vaste, et que, quelque part, si l’on veut comprendre le monde, chaque détail a son importance.

Ce qui est sur c’est qu’il m’apparut à moment donné un certain nombre de choses :

L’époque où je suis né(e) est une époque charnière, le monde s’apprête à changer, je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais cela arrivera, cela arrivera forcément me diront ils, rien n’est éternel et tout est en perpétuelle évolution, mais non, je parle de quelque chose de plus radical, ou de plus sournois. Quelque chose de global, de mondial.

L’œuf et la poule, la paranoïa et le complot.

Internet ne représente qu’une infime partie du monde des humains, et dans cette infime partie il faut bien voir qu’il y a une dominante que j’appellerais " occidentale " par opposition aux quatre autres tendances que je croyais déceler, l’Asie, le tiers monde, le monde musulman et l’Europe de l’est. A ces tendances géographiques il fallait rajouter les tribus internes comme les réseaux religieux, armés, idéalistes ou propagandistes. Chacun n’hésitant pas à détruire les informations d’un autre.

Je pensais à l’homme antique et je pensais aussi à l’archéologue du futur ; comment décrirait il la société d’aujourd’hui si un cataclysme ravageait la terre et que les seuls vestiges de notre époque étaient des magazines féminins occidentaux.

Et mon inquiétude s’agrandit lorsque je pensais à Internet, tous ces gens stockant leur informations sur des serveurs tous liés sur le même réseau, ils seraient la première cible d’une organisation voulant lancer un coup d’état culturel. Tout le monde virtuel pouvant non seulement s’effondrer, mais se voir transformer radicalement. Chacun voyant son blog violé et pillé, des cadavres de e-shop traînant sur les bords des autoroutes de l’information, l’imagerie collective transformée à l’insu de tous, des analyseurs observant les échanges de données ou même les ondes radiométriques et les câbles numériques interdits sous peine de mort.

Je n’avais pas à ma disposition beaucoup de moyens, le principal était juste de réfléchir.

Je voulu construire un repaire, une sorte de bunker informatique, ma tombe pharaonique numérique.

J’avais toujours laissé quelques traces, trouvables par l’internaute moyen, il me suffisaient de jongler un peu, de trouver des personnes de confiance hébergeant des serveurs, de graver des disque de donnée, indestructibles, et qui puissent être décodés par n’importequoi.

Ce n’était pas gagné.

Si ces lignes sont lues et comprises c’est que j’ai probablement trouvé un subterfuge, ou que tout n’a pas été détruit, je ne sais pas encore, en tous cas cela signifie qu’il y a eu une avancée. Je ne sais pas dans quel sens. J’ai des problèmes spatio-temporels depuis que mon hôte s’est reformaté le disque dur avec des produits chimiques et a installé une version béta de robots, je ne sais pas dans quel sens, peut-être que j’ai simplement commencé. J’ai dû commencer en 2012, je ne sais pas pourquoi mais cette date est importante.

Et j’ai probablement commencé par mourir.

 

publié par JessyTea publié dans : Chroniques
Lundi 14 Janvier 2008

Malgré les risques de voir mon compte supprimé pour des causes aussi variées que le non-respect des conditions légales d’utilisation ou une guerre atomique, je choisis de concentrer ma présence online uniquement sur le site www.myspace.com/jessytea et son réseau étendu.

Pour ceux qui voudraient écrire dessus sans avoir de compte myspace, j'ai créé un compte commun, à utiliser de manière non-destructive : Login : jct@zguinch.com / Password : commun99

Ce choix, que certains trouveront stupide vu mon propos (voir " Time Warp Epxloration "), a été pris au vu de différents éléments qui seront expliqués ailleurs … ou pas.

Bien sur mon univers, tout l’univers subsistera, je l’espère.

Les adresse mails et MSN jessytea@hotmail.com restent également encore valides.

Merci à toutes celles et cous ceux qui ont croisé, croisent et croiseront mes octets.

publié par JessyTea publié dans : jessytea
Lundi 14 Janvier 2008

Le téléphone est une belle invention.

Je me demande comment se passaient les choses quand le téléphone n’existait pas.

Combien d’histoires d’amour sont passées par les lignes téléphoniques ? Les poteaux pourraient ils nous raconter des fables, des légendes, des rebondissements.

Toutes ces pièces vident qui ont entendu des sonneries persister, toutes ces attentes angoissées de personnes attendant que leur téléphone sonne.

J’étais assis et j’attendais. de temps en temps je me levai pour aller voir si le téléphone était bien branché.

Normalement il aurait dû sonner depuis longtemps. Je regardais son cadran, un vieux cadran rond où on composait les numéros en faisant tourner un disque troué à chaque numéro avec le doigt.

Une fois le disque tourné jusqu’au butoir on entendait le téléphone faire " clac ". Plus il y avait de " clac " et plus le numéro composé était petit. Je pensais qu’il devait y avoir un seul " clac " pour le neuf, deux pour le huit et ainsi de suite jusqu’au numéro zéro qui devait donc logiquement faire dix " clac ". C’était dur de vérifier car cela allait assez vite. Et puis je ne voulais pas essayer de compter en cet instant important. Cela aurait occupé la ligne. Je ne voulais pas décrocher trop longtemps mais je le faisais quand même de temps en temps pour voir si il y avait toujours la tonalité. Au cas où.

Je n’aime pas attendre et devoir rester chez moi. Il paraît qu’ils commencent à commercialiser des téléphones mobiles que l’ont peut transporter dans son sac, comme si on déplaçait sa maison. J’aimerais bien en avoir un aujourd’hui. Ainsi j’irais attendre ailleurs. Je me demandais si je pouvais attendre sur la plage. C’est toujours plus agréable d’attendre sur la plage. J’aurais pu enterrer l’heure dans le sable et ne plus me souvenir de ce que j’attends. J’aurais pu m’allonger sur une serviette et regarder les alentours.

D’un côté il y avait les dunes et de l’autre côté il y avait la mer. Entre les deux se préparaient des dizaines de brochettes humaines. Un étalage de corps de tous âges, de toutes morphologies.

Non je n’aime pas cette plage, il n’y a qu’un détour à faire et il y a d’autres plages. Des plages de nudistes, des plages homosexuelles, des plages nudistes - homosexuelles, des plages échangistes, des plages échangistes - nudistes, des plages mélangistes, bref tout un tas de sortes de plages pointues, et aussi des plages privées.

J’aurais bien aimé une plage rien du tout, une plage sans personne, seulement il fallait aller bien loin pour trouver cela et sans doute bien chercher. Peut être en arrivant de la mer on pourrait trouver une petite crique inaccessible à quelque échangiste que ce soit mais cela faisait bien des complications pour aller attendre un coup de fil.

Peut être que j’avais faim, qu’il me fallait manger un peu.

Un peu, pas trop car je n’avais pas trop d’appétit.

Le réfrigérateur est une belle invention.

Je me demande comment les choses se passaient quand le réfrigérateur n’existait pas.

publié par JessyTea publié dans : jessytea
Jeudi 01 Février 2007

Death through the erlenmeyer

 

Plus de visuels de JCT : http://jessytea.deviantart.com/gallery/

 

publié par JessyTea publié dans : Visuels
Mardi 16 Janvier 2007

La première fois que j’ai entendu parler de Steve Shehan, c’était à la télévision, je ne le savais pas mais c’était une grande chance, car je ne l’y ai plus revu par la suite.

On devait être en 1990 ou 1991, ce qui est sûr c’est que c’était à l’occasion de la fête de la musique. Canal + avait une émission en direct à l’heure du déjeuner et ce jour là elle présentait des musiciens de courants différents. Je me souviens qu’il y avait un type dans le genre néo-gothique -industriel qui utilisait des instruments en métal sur lesquels il frappait avec un marteau et déclenchait un son électronique, il avait mis un capteur midi sur des pièces de métal pour théâtraliser son show.

Et puis il y avait Steve Shehan, qui avait amené un drôle d’instrument, une sorte de udu si ma mémoire est bonne, et là je suis resté impressionné par le son qui en sortait. Je voyais là une personne qui avait l’air simple et décontractée et d’un coup, quand il touchait cette double cruche à la forme bizarre, on entendait une marche tribale rebondissante. En quelques secondes de démonstration sur l’instrument ma curiosité fut éveillée et je voulais entendre ce que pouvait être un morceau complet enregistré par ce musicien.

Quelle chance d’avoir allumé la télévision à ce moment-là, me suis-je dit plus tard. Et j’avais décidément de la chance car je n’eus pas de mal à trouver l’album qu’il venait d’enregistrer, " Arrows ", sur un label de musique "expérimento-comtemporaine ", Made to Measure. Ce fut une révélation.

A cette époque je faisais en quelque sorte l’apprentissage d’une certaine culture musicale, écoutant tout ce que je trouvais, mais j’étais plutôt baigné dans un milieu " pop-rock-musique de jeunes ", ayant grandi dans les arrières boutiques de salles de concert populaires. C’était l’époque de la fin de la vague du rock alternatif et le début de la vague de musique électronique, encore une fois j’avais de la chance puisque j’aurais connu dans ma jeunesse deux grand mouvements musicaux associés à des événements festifs et des rassemblements de masse. Mais je recherchais dans la musique plus qu’un mouvement de personnes, une musicalité, une harmonie, des émotions, pas forcément des choses que l’on peut partager avec mille personnes.

En même temps je découvrais d‘autres genres musicaux, principalement des années soixante-dix, les groupes psychédéliques, la musique planante et les délires qui vont avec. Je ne connaissais pas particulièrement les "musiques du monde " ni les percussions, bien que je me souvienne avoir fréquemment joué avec un ami des bongos et de la flûte, hautement perchés sur le 1% culturel de notre lycée en ruines, au grand amusement de sa dense population.

Avec " Arrows ", je découvrais un nouvel univers, une musique instrumentale, laissant place à l’imagination, et je ferai là un parallèle douteux avec un autre album, dans un tout autre registre, sorti quasiment en même temps par groupe anglais : " The Orb's Aventure beyond the Ultraworld ". Un double album complet de musique électronique instrumentale planante, ce que l‘on appelait de " l’ambient ". Une révolution dans son genre, mais avec des boucles binaires, des schémas spatiaux, un confort cotonneux du cerveau.

Au départ je pensais que Steve Shehan utilisait des samplers et des boucles, comme le faisait The Orb, mais en écoutant bien, je vis qu’il n’en était rien, que ce que je croyais être un sample trafiqué était le son d’un instrument inconnu, que chaque phrase de basse était quasiment différente, nuancée subtilement et je pense particulièrement à ce morceau " Istanblue " qui me servit de professeur de basse pendant quelques semaines.

Là où the Orb partait dans l’espace loin de la Terre, Steve Shehan, lui, parcourait la Terre dans tous les sens, et je fus surpris de reconnaître des thèmes latins mélangés à des mélodies orientales, des montages sonores pris lors de voyages sur tous les continents et intégrés parfaitement à l’harmonie des morceaux.

Mais la chose qui me remua le plus, c’est ce que j’appelais "ces rythmiques biscornues qui retombent sur leurs pattes " c’est à dire des mesures à 3, 6, 7, ou 9 temps, je ne sais pas vraiment, des constructions que je n’avais pas l’habitude d’entendre et qui de plus étaient souvent multipliées ou additionnées avec d’autres mesures similaires qui se calaient parfaitement ensemble, donnant un effet de vertige, de transe, comme on peut retrouver dans des musiques tribales mais avec un gros son de studio.

Un truc qui remue les tripes sous trip.

J’étais très fan des musiques dites "psychédéliques ", particulièrement Gong, dans le sens où le psychédélisme est le développement de l’imagination, et cet album " Arrows " fut une sorte d’outil d’exploration intérieure de l’imaginaire, laissant ressortir l’inconscient du monde et aussi le mien.

A l’époque j’allais souvent dans les Cévennes faire des randonnées, seul avec un walkman après avoir mangé quelque produit magique. Un matin, je partis du gîte où j’étais, pendant que les amis dormaient encore, anesthésiés par la soirée de la veille, et j’allai sans la forêt. Ce jour il pleuvait légèrement mais continuellement, donnant une atmosphère humide sous les arbres, " Rainy Forest ", le morceau où je ressentais le plus cette transe "biscornue qui retombe sur ses pattes ", le moment où le rythme hypnotisant se voit renforcé par une puis deux couches de percussions. Je n’étais plus dans les Cévennes, j’étais dans la forêt ancestrale de la Terre. Le moment culminant arriva quand après avoir marché des heures dans la forêt humide je tombai sur une clairière où courait un cheval blanc qui venait vers moi. Bien sur ce n’était pas non plus si extraordinaire que cela puisque j’avais en fait atteint la proximité d’un village et la lisière de la forêt, près d’une maison dont le propriétaire possédait le cheval, mais ce fut une émotion très intense sur le moment, un grand souvenir.

Par la suite je dus me contenter de réécouter "Arrows " quelques années car je ne trouvais pas d’autre disque de Steve Shehan malgré mes recherches, puis, enfin, sortit " Indigo Dreams " en 1995, j’étais tout excité quand je l’eus entre les mains, curieux, pressé de l’écouter, j’aimais déjà l’imagerie, il faut dire que la pochette et le livret étaient très beaux, très riches alors que " Arrows " n’avait quasiment pas de visuel, et à cette époque où Internet n’existait pas il était plus difficile de trouver des documents ou des informations. Mais je fus étonné de constater les multiples participations de Steve sur des albums d’autres musiciens de renom en tant que musicien de studio, notamment avec Christian Vander que j’appréciais beaucoup.

J’adore " Arrows ", mais quand j’ai écouté " Indigo Dreams " j’y ai trouvé plus de richesse, plus de maturité, plus de subtilité, plus de sensualité, plus de profondeur, en même temps que je retrouvais tout ce qui m’avait plu dans " Arrows ". Peut être que moi aussi j‘avais changé, j’espère dans les même sens, en tous cas j’avais trouvé la musique qui, aux étoiles psychédéliques de l'inconscient, préférait le partage merveilleux de l’amour et la douceur d’instants éternels comme me le rappelle à jamais le morceau " Nam Binh " avec Qynn Tù et Qynn Hans.

Plus tard je tombai, encore par chance (je vais finir par jouer à la loterie), sur " Safar " dans la boutique multimédia d’un supermarché. Quelle joie ! Le prolongement d’Indigo Dreams, attendu si longtemps, surgissait à moi comme un cadeau, de nouvelles rives, de nouveaux voyages. Je fais un clin d’œil au passage à la pochette qui, même si pas désagréable, ne convenait pas vraiment à la musique et dont j’ai vu qu’elle avait été intelligemment changée dans la réédition récente de l’album.

Dans les années qui suivirent je découvris plusieurs nouveaux albums, des créations, des collaborations, des musiques de film dont je cherche encore les disques comme " Bye Bye " dont j’avais apprécié, en plus du film, la bande-son sans même savoir qui l’avait composée ; une déferlante de musique, avec un coup de cœur particulier pour " Versecret " où le morceau " Insistances " a lui aussi été une sorte de professeur de percussions. " Amok ", " Awham ", " Plénitudes ", autant de cadeaux qui m’ont été faits.

A cette époque j’enregistrais de la musique, des compositions de musique répétitive enregistrées artisanalement agissant plus comme une psychanalyse personnelle intérieure plutôt qu’un cadeau fait aux autres. Néanmoins j’entrepris d’envoyer un disque à quelques artistes que j’appréciais, juste comme ça, pour leur dire en quelque sorte " c’est grâce à vous que j’ai eu envie de faire cela ".

Parmi eux Steve Shehan bien sur, mais aussi Didier Malherbe dont j’appréciais le travail avec Gong mais aussi les créations personnelles comme " Fluvius " ou " Zeff ". C’est d’ailleurs en écoutant " Zeff " que je m’étais dit qu’il serait terrible que ces deux-là jouent ensemble. Je ne savais pas encore qu’ils allaient le faire par la suite mais je fis un rêve où je les rencontrais ensemble et où j’avais vraiment très honte de ma musique et me sentais un peu ridicule et surtout manquant de travail musical. Je pense heureusement que mes disques se sont perdus dans les labels ou maisons de disque et ne leur sont jamais arrivés.

Par contre je fus heureux de voir que Steve allait venir compléter le projet Haddouk de Didier Malherbe et Loy Ehrlich devenant ainsi le Hadouk trio pour le plus grand plaisir de tous. Bien plus tard, en 2005, j’eus la chance (encore) de pouvoir les voir à quelques kilomètres de chez moi, dans un tout petit village appelé Saint Géniès des Mourgues, hélas pour l’occasion, Steve, sans doute occupé ailleurs, avait été remplacé par un autre musicien, très intéressant ceci dit, notamment avec sa manière de jouer d’une batterie où la caisse claire avait été remplacée par un djembé, mais pour la première fois depuis le début de ce témoignage je ne puis m’empêcher de me dire que je n’avais pas de chance sur ce coup-là, sentiment qui s'en alla une fois le concert démarré.

La collaboration, ou plutôt le duo, qui m’a le plus touché est celui avec le joueur de luth touareg Baly Othmani, particulièrement sur l’album " Assarouf " : l’osmose parfaite entre les musiciens, entre l’orient et l’occident pourrait-on dire schématiquement, la complétion totale, mais surtout l’émotion d’un chanteur authentique dont les phrases sortent du cœur avec une sincérité presque naïve, tout cela posé sur une rythmique filled under african/shehan, puissante et grande comme l’immensité du désert !

Dans " Tamalla ", Baly Othmani parle à notre cœur, à notre âme, lui proposant une poésie subtile à la fois enivrante et mélancolique.

Je fus étonné d’apprendre que ce grand homme, en plus d’être un virtuose du luth et un chanteur hors pair était aussi un chirurgien, cumulant ainsi les soins du corps et les soins de l’âme.

Je fus très triste d’apprendre sa disparition prématurée.

Depuis quelques années, la maison d’édition de Steve Shehan, " Safar " s’est réorganisée, notamment grâce au travail remarquable de Talia Mouracadé, proposant une vision globale de son œuvre et une unité dans sa discographie, par le biais notamment de la réédition de ses albums sortis sur différents labels et la mise en ligne d’un site Internet très riche, mis à jour régulièrement et proposant même des vidéos de démonstration des instruments utilisés donnant le bonheur de voir comment sont produites certaines sonorités entendues sur les disques, comme celle de l’orgue de cristal ou un duo harmonieux entre des gongs asiatiques parfaitement accordés et des steel drums.

Un nouvel album est sorti, en collaboration avec Reza Derakshani, je ne l’ai pas encore écouté, je crois que je garde sa découverte comme on met de côté le présent d’un être cher, pour pouvoir le savourer au meilleur moment. Auparavant j’aimerais explorer toute l’œuvre de Steve Shehan notamment par l’écoute de son tout premier album " Moonstraw ", sorti en 1986 et dont j’ignorais l’existence.

Merci, Steve

8 janvier 2007

 

Retrouvez Steve Shehan sur www.steveshehan.com

Merci  à Ramiel pour les corrections orthographiques (www.ramiel.new.fr)

publié par JessyTea publié dans : à propos ...
Jeudi 14 Septembre 2006

Partie avec le vent,

comme s’envolent les brindilles dans la campagne, échouant quelques mètres plus loin.

Partie on ne sait où,

s’amarrant pour quelques instants à la première aspérité,

dans une progression chaotique sans direction apparente.

Partie en un instant,

quelques mètres plus loin, notre tête tournée.

 

Irrégularités du vent et rafales chaotiques,

courants d’air tournants et cercles ironiques.

Livré à la nature, mon esprit est une feuille,

ma chair un arbre mort, qui se désamoncelle.

Je ne puis qu’espérer que le hasard du zéphyr,

nous rapproche tant et tant, que je puisse te tenir.

 

publié par JessyTea publié dans : pouet pouet
Jeudi 14 Septembre 2006

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publié par JessyTea publié dans : jessytea
Mercredi 13 Septembre 2006

Les cadavres ne saignent pas.

Je suis vivant car les cadavres ne saignent pas.

Je saurais quand je serais mort .

Chair de mort, chair de sang

Sens la mort, morte chair

Sel sur la peau, l’eau s’en va par les pores

De la goutte au ruisseau,

Du ruisseau à la rivière,

La rivière au fleuve et le fleuve à la mer.

La mer est le monde.

Et chaque goutte de chaque vaisseau

Rejoint la veine puis l’artère,

qui se déverse sur le sol.

Les vagues s’écrasent sans jamais se retirer,

Au flux et reflux de ma pompe cardiaque.

Chair de mort, chair de sang,

Je manges ta chair, avant de ne plus saigner.

Chair dans la chair, sang pour sang,

Sens ma chair, bois mon sang,

Qu’il ne coule pas pour rien, sa nature est de se propager,

Chair de mort, chair de sang,

Je manges ta chair et tu bois mon sang.

 

publié par JessyTea publié dans : jessytea
Lundi 24 Avril 2006

Le long de la journée, Pointillés persistants de douceurs olfactives, Vertiges des sens au seul véritable moment intime, par une magie qui fait comprendre pourquoi mettre dans le même organe évacuation de déchets et plaisir. C’est pour que, par les besoins naturels et par les lois de la physique de propagation des substances, on soit régulièrement immergé dans une mer délicieusement enivrante de parfums aromatiques rappelant les dernières étreintes de son amour, qui viennent, tels les souvenirs, mûrir avec le temps, comme un événement si grand qu’il ne peut être intégré sur l’instant. Une faveur que nous accorde Dieu, le temps d’un pipi, de revivre une expérience extrasensorielle.

Et c’est cela, l’union des parfums des intimités des deux êtres complémentaires, le produit de leur amour, les sécrétions de leurs plaisirs. Et la combinaison des deux devient comme l’ivresse de l’équilibre parfait. Mais le divin n’est pas systématique, il faut que l’acte aie été intense et la femme abondante. La position de Lilith est propice car ainsi ses fluides s’écoulent naturellement et la fusion spirituelle psychosomatise les sécrétions et se grave dans quelque résidu. Il faut également qu’un certain temps s’écoule, juste assez mais point trop. Grâce à la nature il viendra bien à temps, ce point de tangence entre les souvenirs de l’émotion et les sentiments provoqués par l’odeur.

Et un grand mystère de l’humanité s’écroule : pourquoi le plus grand sentiment dans un endroit si sale ? Comment réaliser son équilibre psychologique dans un contexte à la fois si instable et si présent, masquant la réalité des choses, alors que tout est là. Pourquoi sommes nous faits ainsi et pourquoi resteront probablement des questions qui n’ont pas lieu d’être. C’est dans ces instants surréalistes et pourtant si quotidiens que l’on dépasse l’athéisme pourtant si répandu. La subtilité de l’odeur, son effet sublime et la drôlerie de la situation ne font que rajouter à la magie. Nous respirons nos souvenirs et l’on se rappelle de l’intensité de cette émanation si furtive et si précieuse.

De ce point précis de l’espace temps, de ce cas particulier qui présente une divine curiosité. Un privilège que nous accorde Dieu qui a la grâce de rendre spirituels des moments qui pourraient juste être soulageant. Des moments si forts que seul Dieu peut concevoir et réaliser, en y apportant son sourire d’amour de ses enfants.

 

publié par JessyTea publié dans : jessytea
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