Le téléphone est une belle invention.
Je me demande comment se passaient les choses quand le téléphone n’existait pas.
Combien d’histoires d’amour sont passées par les lignes téléphoniques ? Les poteaux pourraient ils nous raconter des fables, des légendes, des rebondissements.
Toutes ces pièces vident qui ont entendu des sonneries persister, toutes ces attentes angoissées de personnes attendant que leur téléphone sonne.
J’étais assis et j’attendais. de temps en temps je me levai pour aller voir si le téléphone était bien branché.
Normalement il aurait dû sonner depuis longtemps. Je regardais son cadran, un vieux cadran rond où on composait les numéros en faisant tourner un disque troué à chaque numéro avec le doigt.
Une fois le disque tourné jusqu’au butoir on entendait le téléphone faire " clac ". Plus il y avait de " clac " et plus le numéro composé était petit. Je pensais qu’il devait y avoir un seul " clac " pour le neuf, deux pour le huit et ainsi de suite jusqu’au numéro zéro qui devait donc logiquement faire dix " clac ". C’était dur de vérifier car cela allait assez vite. Et puis je ne voulais pas essayer de compter en cet instant important. Cela aurait occupé la ligne. Je ne voulais pas décrocher trop longtemps mais je le faisais quand même de temps en temps pour voir si il y avait toujours la tonalité. Au cas où.
Je n’aime pas attendre et devoir rester chez moi. Il paraît qu’ils commencent à commercialiser des téléphones mobiles que l’ont peut transporter dans son sac, comme si on déplaçait sa maison. J’aimerais bien en avoir un aujourd’hui. Ainsi j’irais attendre ailleurs. Je me demandais si je pouvais attendre sur la plage. C’est toujours plus agréable d’attendre sur la plage. J’aurais pu enterrer l’heure dans le sable et ne plus me souvenir de ce que j’attends. J’aurais pu m’allonger sur une serviette et regarder les alentours.
D’un côté il y avait les dunes et de l’autre côté il y avait la mer. Entre les deux se préparaient des dizaines de brochettes humaines. Un étalage de corps de tous âges, de toutes morphologies.
Non je n’aime pas cette plage, il n’y a qu’un détour à faire et il y a d’autres plages. Des plages de nudistes, des plages homosexuelles, des plages nudistes - homosexuelles, des plages échangistes, des plages échangistes - nudistes, des plages mélangistes, bref tout un tas de sortes de plages pointues, et aussi des plages privées.
J’aurais bien aimé une plage rien du tout, une plage sans personne, seulement il fallait aller bien loin pour trouver cela et sans doute bien chercher. Peut être en arrivant de la mer on pourrait trouver une petite crique inaccessible à quelque échangiste que ce soit mais cela faisait bien des complications pour aller attendre un coup de fil.
Peut être que j’avais faim, qu’il me fallait manger un peu.
Un peu, pas trop car je n’avais pas trop d’appétit.
Le réfrigérateur est une belle invention.
Je me demande comment les choses se passaient quand le réfrigérateur n’existait pas.
