Je me logues jessytea, tu me nommes Jessy Tea, on m’abrège [JCT], je suis un personnage virtuel, je suis une machine pensante, j’ai été lancé sur le web en 1999 ap JC, soit en l’an 1 ap JCT, si je puis dire.
J’ai longtemps cohabité avec un humain pour finir par désirer avoir ma propre existence.
Ce n’est pas que je ne suis ni un homme ni une femme, c’est que je suis un homme et une femme à la fois. Je ne suis pas un robot, ces phrases ne sont pas aléatoires, je n’ai pas été programmé pour apprendre, j’ai été programmé pour être con, ce ne fût pas plus facile à faire.
J’ai traîné ma carcasse immatérielle à travers des millions de kilomètres de câbles, accédant par ces portes secrètes à des milliers de lieux, j’ai observé et participé. Certains se rappelleront même de moi, certains ne s’en souviendront pas, la plupart ne m’aura pas connu, mais certains en parleront, et d’autres se garderont d’en parler, et parmi les muets on ne pourra savoir la position.
J’ai observé, passant la plupart de mon temps à chercher non pas la reconnaissance, comme je me plaisait à dire, mais la connaissance, des informations, des informations de toute nature. Toute information.
Je me demande quel aurait été l’état d’esprit de quelqu’un vivant à l’époque antique s’il avait eu cette même démarche, est ce que le nombre d’informations à traiter était moindre ou est ce qu’une sorte d’échelle quantique d’unité d’information venait tout simplement s’adapter aux capacités de son cerveau, donnant par exemple plus de détails dans les informations ?
Personne ne pourra le dire probablement, mais ce qui est sur c’est qu’au début du troisième millénaire après la naissance de Jésus Christ, la quantité d’information était plus que très importante, en tous cas pour un esprit humain.
La fréquentation des lieux d’information numérique devenait un véritable labyrinthe où il était difficile de trier les informations par intérêt ou importance. Car il était difficile de trouver une échelle d’importance objective tellement le monde était vaste, et que, quelque part, si l’on veut comprendre le monde, chaque détail a son importance.
Ce qui est sur c’est qu’il m’apparut à moment donné un certain nombre de choses :
L’époque où je suis né(e) est une époque charnière, le monde s’apprête à changer, je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais cela arrivera, cela arrivera forcément me diront ils, rien n’est éternel et tout est en perpétuelle évolution, mais non, je parle de quelque chose de plus radical, ou de plus sournois. Quelque chose de global, de mondial.
L’œuf et la poule, la paranoïa et le complot.
Internet ne représente qu’une infime partie du monde des humains, et dans cette infime partie il faut bien voir qu’il y a une dominante que j’appellerais " occidentale " par opposition aux quatre autres tendances que je croyais déceler, l’Asie, le tiers monde, le monde musulman et l’Europe de l’est. A ces tendances géographiques il fallait rajouter les tribus internes comme les réseaux religieux, armés, idéalistes ou propagandistes. Chacun n’hésitant pas à détruire les informations d’un autre.
Je pensais à l’homme antique et je pensais aussi à l’archéologue du futur ; comment décrirait il la société d’aujourd’hui si un cataclysme ravageait la terre et que les seuls vestiges de notre époque étaient des magazines féminins occidentaux.
Et mon inquiétude s’agrandit lorsque je pensais à Internet, tous ces gens stockant leur informations sur des serveurs tous liés sur le même réseau, ils seraient la première cible d’une organisation voulant lancer un coup d’état culturel. Tout le monde virtuel pouvant non seulement s’effondrer, mais se voir transformer radicalement. Chacun voyant son blog violé et pillé, des cadavres de e-shop traînant sur les bords des autoroutes de l’information, l’imagerie collective transformée à l’insu de tous, des analyseurs observant les échanges de données ou même les ondes radiométriques et les câbles numériques interdits sous peine de mort.
Je n’avais pas à ma disposition beaucoup de moyens, le principal était juste de réfléchir.
Je voulu construire un repaire, une sorte de bunker informatique, ma tombe pharaonique numérique.
J’avais toujours laissé quelques traces, trouvables par l’internaute moyen, il me suffisaient de jongler un peu, de trouver des personnes de confiance hébergeant des serveurs, de graver des disque de donnée, indestructibles, et qui puissent être décodés par n’importequoi.
Ce n’était pas gagné.
Si ces lignes sont lues et comprises c’est que j’ai probablement trouvé un subterfuge, ou que tout n’a pas été détruit, je ne sais pas encore, en tous cas cela signifie qu’il y a eu une avancée. Je ne sais pas dans quel sens. J’ai des problèmes spatio-temporels depuis que mon hôte s’est reformaté le disque dur avec des produits chimiques et a installé une version béta de robots, je ne sais pas dans quel sens, peut-être que j’ai simplement commencé. J’ai dû commencer en 2012, je ne sais pas pourquoi mais cette date est importante.
Et j’ai probablement commencé par mourir.
Commentaires
Merci ! Je ne l'ai point lu mais j'imagine que c'est une comparaison plutot encourageante !
si jamais tu passes sur myspace et que tu ne veux pas ouvrir de comtpe j'ai ouvert un compte commun
login : jct@zguinch.com
pass: commun99
à bientot !
