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Mercredi 22 Février 2006
Comme un retour aux sources, Saint-Aunès, la lune, l’écriture à la lueur d’une bougie. Une seule bougie pour tout dire ou sombrer dans l’oubli.
Comme un tableau de moi-même en train d’écrire il y a des années humaines, des cycles cosmiques,
Aujourd’hui je retourne aux fondements, le temps où écrire était un besoin , écrire avec une main, une seule.

Et la bougie fond trop vite, comme perturbée par les mouvements des mots, des feuilles, de la table ; laissant échapper son essence dans l’instabilité.
Je suis revenu d’où mes ancêtres sont partis, navigant dans des mers inconnues à l’époque.
Combien de chants de sirènes, combien de phares avant de comprendre la nature de la mer. Combien de bruits de sirènes, combien de gyrophares, avant de comprendre la nature de tes vers,

J’ai mis sur ma terrasse un vieux ventilateur des années cinquante. Il me rappelle ces écrits moites sous des latitudes exotiques.
Ces feutres dégoulinants d’écrivains paumés sur leur vieille machine à écrire. Un inconscient collectif de la malédiction sur papier.
Le ventilateur est bien là, lui, mais il n’est pas branché. Seule la lune apporte ce vent délicieux, perle de la nuit, traversant silencieusement au milieu du flou, des parasites, véhicules, autoroutes, tous baignés dans leur jus.

Et le temps s’accélère lorsque j’écris, la flamme vacille et la lune brille, machine grincée qui paraissait, d’un air tranquille, attendre le prochain qui viendrait se perdre.
Et nous nous retrouvons, oh ma chère tendre, comment ai-je pu partir si longtemps, comment ai-je pu oublier, qu’à jamais, j’avais fait le sermon de ne jamais te quitter,

Et alors que je ne puis plus que compter, le nombre de pied à défaut d’octets, je me retrouve là, encore, à rire de moi même, comme un éternel farceur, toujours prêt à blaguer.
Et je pourrais continuer ainsi de longues heures peut-être, un miracle épargnant ma chandelle.
Mais je ne peux que l’admettre, mon gars, t’en tiens une belle !

La lune a déjà bougé et avec elle, m’en disent long les silences, les blancs.
Comme une ritournelle qui raisonne encore dans ma tête et qui cherche la chanson,
Alors ces écrivains des années cinquante avec leurs ventilateurs, quoi ? , il finissaient par allumer une clope ou se donner une contenance comme convenance au vide de leurs pensées confuses…

Quelques coussins, des flammes, des murs irréguliers, les pierres volcaniques en monticules zen, buddha d’Indonésie de roche, tournoiement des plantes nocturnes, un peu d’intellectualisme et me voici à San Francisco en 1969 , et puis s’hybrident les cyber-machins, les philosophies intelligentes de ceux qui savent penser comme en Inde ;

Enquilles le beat et au tempo s’te plait !
Pas de nuage dans mon réseau neuronnal, j’ai atteint la biosphère sans problème, aller-retour du technocentre et consort,
Alors quoi ? c’est ces idées qui sont les mêmes, qui ne prennent pas la chaleur et ne s’éventent pas ?
Je ne suis pas à la mode, je suis la mode, je suis la mode oui bien lu !

1969 année de ta naissance, ma renaissance est arrivée par la même année, curieuses circonstances,
j’ai toujours aimé les proverbes de la vie, ainsi que l’avis des pros du verbe,
Ultime pirouette de fin de page de celui qui, comme tout esclave, se doit de servir son maître, à ses ordres arrête ; arrête de penser pour aller produire, le plus noble des arts, celui qui perdure avant et après le tout.

Cela pour dire Merci, merci à toi, merci,




hidden track bonus : et merci à toi aussi
publié par JessyTea dans: jessytea
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