Partie avec le vent,
comme s’envolent les brindilles dans la campagne, échouant quelques mètres plus loin.
Partie on ne sait où,
s’amarrant pour quelques instants à la première aspérité,
dans une progression chaotique sans direction apparente.
Partie en un instant,
quelques mètres plus loin, notre tête tournée.
Irrégularités du vent et rafales chaotiques,
courants d’air tournants et cercles ironiques.
Livré à la nature, mon esprit est une feuille,
ma chair un arbre mort, qui se désamoncelle.
Je ne puis qu’espérer que le hasard du zéphyr,
nous rapproche tant et tant, que je puisse te tenir.

Commentaires
Je ne suis pas sur de comprendre tes questions, je ne suis pas sur de savoir y répondre, ni de pouvoir m'analyser moi même,
"Croire à l'amour sous l'angle du matérialisme ordinaire " je ne saisis pas ce que cela veut dire, mais je suis assez d'accord avec toi sur la dispersion des illusions, et le zéphyr, s'il est conscient, est plutot farceur voire cruel parfois,
je pense surtout avoir écrit cela alors que j'étais un bout de bois, une feuille, quelquechose qui n'a aucune prise sur le vent et ne peux que se laisser guider, même si cela n'a pas de sens, de direction,
un bout de bois plein d'espoir,
"toi" n'est pas un hasard, "toi" est une feuille parmi les feuilles, un bout de bois parmi les bouts de bois, qui n'a pas plus de prise sur le hasard,
on peut aussi dire que le vent, ce n'est que le chaos apporté quand "toi" n'est pas là,
on peut dire ce qu'on veut, on peut prendre ce qu'on veut et voir ce qui nous plait, ce ne sont que des mots, je suis heureux qu'ils puissent évoquer quelquechose pour d'autres, alors merci pour ton commentaire, cela fait plaisir de voir que quelqu'un peut voir des interprétations dans ses propres mots, posés comme des feuilles au vent,
Je trouve les images de ton poème très belles et très émouvantes, mais j'ai été surpris par l'optimisme de la fin. Je m'attendais à quelque chose de cataclysmique, la destruction des images mêmes, "toi", comme image en moi, dispersée aussi à la fin par le vent cruel et ricaneur. Mais cela aurait ressemblé à un poème de Lovecraft ou de Howard. Le second a écrit :
The Black Door gapes and the Black Wall rises ;
Twilight gasps in the grip of Night.
Paper and dust are the gems man prizes -
Torches toss in my waning sight.
(La Porte Noire est béante et le Mur Noir se dresse ;
Le crépuscule suffoque dans l'étreinte de la Nuit.
Les gemmes que prise l'homme ne sont que papier et poussière ;
Des torches s'agitent sous mon regard déclinant.)
Mais je dois avoir l'âme sombre, en ce moment.
Je ne sais si le malheur de perdre définitivement quelquechose est plus grand que celui de l'avoir sous nos yeux et de ne pouvoir le toucher, je ne sais s'il est plus triste de se faire à l'idée qu'l n'y a personne derrière la vitre ou de voir quelqu'un à travers tout en sachant que la vitre est indestructible,
Je ne connais pas Howard mais ses lignes sonnent bien ...
Out of the somber night the poets come,
A moment brief to fan their lambent flame ;
Then, like the dimming whisper of a drum,
Fades back into the night from whence they came.
(C'est de la nuit sombre que viennent les poètes,
Un instant bref, pour vivifier leur flamme vacillante ;
Puis, ainsi que le chuchotement d'un tambour qui s'éloigne,
Ils retournent dans la nuit vide dont ils sont venus.)
J'ai essayé de prendre en photo l'orage chez moi :
http://img114.imageshack.us/img114/4027/pontneuf016ye2.jpg
Je ne pensais pas qu'on verrait aussi bien les grêlons. Ils n'étaient pas tellement gros (1cm, 1,5 cm maxi) mais il y en avait beaucoup qui tombaient avec violence.
J'aime bien l'image au moment où le corps est un arbre qui s'émiette et l'esprit une feuille
