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Jeudi 14 Septembre 2006

Partie avec le vent,

comme s’envolent les brindilles dans la campagne, échouant quelques mètres plus loin.

Partie on ne sait où,

s’amarrant pour quelques instants à la première aspérité,

dans une progression chaotique sans direction apparente.

Partie en un instant,

quelques mètres plus loin, notre tête tournée.

 

Irrégularités du vent et rafales chaotiques,

courants d’air tournants et cercles ironiques.

Livré à la nature, mon esprit est une feuille,

ma chair un arbre mort, qui se désamoncelle.

Je ne puis qu’espérer que le hasard du zéphyr,

nous rapproche tant et tant, que je puisse te tenir.

 

publié par JessyTea dans: pouet pouet
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Commentaires

Le hasard mène les bêtes selon les flux érotiques. Qui est "toi" ? Une femme au hasard ? Le zéphyr est certainement lié à l'amour, mais en lui-même, a-t-il une conscience ? Ton poème (qui est bon) est plutôt tragique. Mon avis est que l'effet en sera maximal si cela apparaît d'une façon nette. Mais il faut considérer que le désir lié aux vents n'est pas réellement de l'amour au sens élevé du terme. Qu'est-ce que tu en penses ? Tu y crois, toi, à l'amour considéré sous l'angle du matérialisme ordinaire ? Je crois, personnellement, que les vents qui dispersent finalement les êtres vivants dispersent aussi leurs illusions à cet égard.
Commentaire n° 1 posté par: Ramiel(site web) le 22/09/2006 - 04:24:55

Je ne suis pas sur de comprendre tes questions, je ne suis pas sur de savoir y répondre, ni de pouvoir m'analyser moi même,


"Croire à l'amour sous l'angle du matérialisme ordinaire " je ne saisis pas ce que cela veut dire, mais je suis assez d'accord avec toi sur la dispersion des illusions, et le zéphyr, s'il est conscient, est plutot farceur voire cruel parfois,


je pense surtout avoir écrit cela alors que j'étais un bout de bois, une feuille, quelquechose qui n'a aucune prise sur le vent et ne peux que se laisser guider, même si cela n'a pas de sens, de direction,


un bout de bois plein d'espoir,


"toi" n'est pas un hasard, "toi" est une feuille parmi les feuilles, un bout de bois parmi les bouts de bois, qui n'a pas plus de prise sur le hasard,


on peut aussi dire que le vent, ce n'est que le chaos apporté quand "toi" n'est pas là,


on peut dire ce qu'on veut, on peut prendre ce qu'on veut et voir ce qui nous plait, ce ne sont que des mots, je suis heureux qu'ils puissent évoquer quelquechose pour d'autres, alors merci pour ton commentaire, cela fait plaisir de voir que quelqu'un peut voir des interprétations dans ses propres mots, posés comme des feuilles au vent,

Commentaire n° 2 posté par: JCT(site web) le 22/09/2006 - 14:11:57
Je voulais dire que quand on était matérialiste, on croyait surtout au désir, lié aux vents variés et cyniques, effectivement, qui traversent l'air et saisit aussi bien les bêtes que les hommes. Or, mon sentiment est qu'on se lie à une personne en particulier de sa volonté propre, en plus de celle de ce vent. Il y a tant d'occasions d'avoir du désir ! Le vent en amène et en enlève à son gré.

Je trouve les images de ton poème très belles et très émouvantes, mais j'ai été surpris par l'optimisme de la fin. Je m'attendais à quelque chose de cataclysmique, la destruction des images mêmes, "toi", comme image en moi, dispersée aussi à la fin par le vent cruel et ricaneur. Mais cela aurait ressemblé à un poème de Lovecraft ou de Howard. Le second a écrit :

The Black Door gapes and the Black Wall rises ;
Twilight gasps in the grip of Night.
Paper and dust are the gems man prizes -
Torches toss in my waning sight.

(La Porte Noire est béante et le Mur Noir se dresse ;
Le crépuscule suffoque dans l'étreinte de la Nuit.
Les gemmes que prise l'homme ne sont que papier et poussière ;
Des torches s'agitent sous mon regard déclinant.)

Mais je dois avoir l'âme sombre, en ce moment.
Commentaire n° 3 posté par: Ramiel(site web) le 22/09/2006 - 14:52:09
Et saisissent, plutôt.
Commentaire n° 4 posté par: Ramiel(site web) le 22/09/2006 - 14:53:30
et "à ma vue déclinante" plutôt que "sous mon regard déclinant", aussi.
Commentaire n° 5 posté par: Ramiel(site web) le 22/09/2006 - 14:54:44

Je ne sais si le malheur de perdre définitivement quelquechose est plus grand que celui de l'avoir sous nos yeux et de ne pouvoir le toucher, je ne sais s'il est plus triste de se faire à l'idée qu'l n'y a personne derrière la vitre ou de voir quelqu'un à travers tout en sachant que la vitre est indestructible,


Je ne connais pas Howard mais ses lignes sonnent bien ...

Commentaire n° 6 posté par: Jessy le 22/09/2006 - 15:13:01
Robert E. Howard est l'inventeur du personnage de Conan le Barbare. Il a aussi écrit, sur les poètes, dans un élan très romantique :

Out of the somber night the poets come,
A moment brief to fan their lambent flame ;
Then, like the dimming whisper of a drum,
Fades back into the night from whence they came.

(C'est de la nuit sombre que viennent les poètes,
Un instant bref, pour vivifier leur flamme vacillante ;
Puis, ainsi que le chuchotement d'un tambour qui s'éloigne,
Ils retournent dans la nuit vide dont ils sont venus.)
Commentaire n° 7 posté par: Ramiel(site web) le 22/09/2006 - 15:46:29
La photo des fleurs de datura est vraiment très jolie, je ne sais plus si je te l'ai déjà dit.

J'ai essayé de prendre en photo l'orage chez moi :

http://img114.imageshack.us/img114/4027/pontneuf016ye2.jpg

Je ne pensais pas qu'on verrait aussi bien les grêlons. Ils n'étaient pas tellement gros (1cm, 1,5 cm maxi) mais il y en avait beaucoup qui tombaient avec violence.

J'aime bien l'image au moment où le corps est un arbre qui s'émiette et l'esprit une feuille
Commentaire n° 8 posté par: Senhal le 24/09/2006 - 18:43:09
Des daturas, Senhal, il y en a plein à Orgevat ; il faut venir ! On en a cueilli, et on a évoqué les sorcières injustement tuées, et ainsi de suite.
Commentaire n° 9 posté par: Ramiel(site web) le 24/09/2006 - 21:24:02
Et en avez vous mangé du datura à Orgevat ?
Commentaire n° 10 posté par: JCTea le 25/09/2006 - 15:45:51
Non, car il n'y avait pas de spécialiste en la matière, et il faut s'y connaître. Peut-être que tu pourrais nous livrer un exposé sur la question, si tu venais ! Qu'est-ce que tu en penses ?
Commentaire n° 11 posté par: Ramiel(site web) le 25/09/2006 - 17:47:42
Oh moi je ne suis pas un spécialiste de cela ! j'en plante quasiment uniquement pour la beauté de la plante et le parfum, le reste est assez particulier, et il existe tant d'autres produits plus simple à doser. Je ne pense pas que cela soit la chose la plus adaptée à une "initiation" aux psychédéliques. Et surtout je nepense pas que les membres de l'association aimeraient cela, demandes leur pour voir.
Commentaire n° 12 posté par: DatuTea le 25/09/2006 - 18:17:53
Mais on en a parlé ! Et il y avait un jeune membre, très intéressé par toutes ces questions, qui a évoqué la portée initiatique de cette plante, en rappelant qu'il fallait être très prudent. Nous avons toute sorte de membres. Certains sont passionnés par les animaux, d'autres par la biodynamie, les derniers par le jardinage, et même, il y en a qui sont des exaltés sur le plan idéologique. Ce sont d'ailleurs les plus pénibles, car ils ne travaillent pas par goût, mais pour réaliser des projets théoriques et hypothétiques qui ne peuvent pas vraiment se réaliser. Quand ils s'en aperçoivent, ils hurlent, les crient, ils claquent la porte. Cela arrive justement en ce moment. Un membre qui connaissait le jardinage mais au fond trouvait que cela représentait un travail ingrat, qui avait de la biodynamie une vision très abstraite et de la vie des plantes une conception qui n'a en fait rien à voir avec celle de R. Steiner, et qui détestait le libéralisme économique et la façon dont on commerce en général, ce membre, donc, ne cesse de dire qu'il a été induit en erreur. J'avais bien demandé aux membres d'arrêter de créer des projets politiques à partir de notre association, mais ils n'ont pas dû tous m'obéir, d'une part, et, d'autre part, quand je l'ai exprimé devant ce membre même auquel je fais allusion, il m'a souvent ri au nez comme si je n'étais pas réellement le président de l'Association, ou comme si mes idées étaient odieusement bourgeoises et pas dignes d'être écoutées. Mais j'avais simplement demandé à ce qu'on agisse politiquement ailleurs que dans l'Association, afin de ne pas rendre les choses trop compliquées, et qu'en attendant de grandes révolutions sociales, on se soumettrait aux règles en vigueur dans la société actuelle. La Bergerie d'Orgevat ne va pas changer le monde !
Commentaire n° 13 posté par: Ramiel(site web) le 26/09/2006 - 08:05:03
"ils hurlent, ILS crient, etc." (erratum).
Commentaire n° 14 posté par: Ramiel(site web) le 26/09/2006 - 08:07:06
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